Les feuilles d’Olivier (archive du blog)

23 avril 2006

Je m’amusais le dimanche soir…

Classé dans : nostalgies — wolivié @ 10:07

… J’écrivais une chronique hebdomadaire dans le Journal de la Haute-Marne qui paraissait chaque mardi : La queue du chat.
De juillet 1999 à mars 2002.
J’aimais ça. Les lecteurs aussi. Ils me le disaient dans la rue ou me l’écrivaient.

Le rédac’chef m’a lourdé. Cela arrive. Ses raisons lui appartiennent à ce point que je ne lui ai rien demandé.

Mon seul chagrin, c’est que, n’ayant plus de commande, je n’en écris plus.
Un recueil des premières est paru en 2001…

J’en retrouve une en plein dans le sujet des papiers froissés qui ces temps-ci me tarabustent.
Agrémentée de deux dessins bonus, la voici.

Idées noires
Étrange commande.
Le dessinateur l’a reçue d’un fabricant de tubes d’acier pour créer une page de bande dessinée en couleur destinée à promouvoir la qualité de ses produits d’une manière originale et sympathique. Il devait réaliser six ou sept images, sur le thème de son choix, vantant le mérite de ces fameux tubes.
Sans réfléchir, le dessinateur se plongea dans le sujet et crut trouver une bonne idée…
OlivierTaffin-036.JPG

Sur la première image, très large il installa un très joli décor d’un parc de résidence au petit matin dans les tons roses et mauves d’un lever de soleil au printemps. Sur la deuxième, il dessina un gros plan sur le visage d’une petite fille qui lisait un roman rose. En plus large, la troisième image montrait, au-dessus de la fillette, le visage d’une infirmière qui souriait… avec dans son œil une petite lueur de mélancolie…
Sur l’image d’après, plus petite, on ne voyait qu’un très gros plan de détail sur le tube d’acier brillant d’un accoudoir de fauteuil roulant.
Il était encore dans le sujet, mais le dessinateur, imaginant la tristesse du prochain dessin, se dit que sur le thème, il devrait chercher une idée autre que la myopathie.
Il déchira la page et recommença tout.
Sur la première image, très large il installa un très joli décor dans les tons ocre et roussis d’un après-midi automnal. Sur la deuxième, un sanglier se vautrait sous un châtaigner. En plus gros plan, la troisième le montrait en alerte, se relevant couvert de boue, prêt à charger, avec dans son œil une petite lueur de fureur…
Sur l’image d’après, plus petite, on ne voyait qu’un très gros plan de détail sur le tube d’acier luisant d’un fusil astiqué.
Il était dans le sujet, mais le dessinateur, imaginant la violence du dessin qui devait suivre se dit que sur le thème, il devrait chercher une idée autre que la chasse.
Il déchira la page et recommença tout une fois de plus.
Sur la première image, très large il installa un très joli décor de montagne dans les tons bleutés et pâles d’un crépuscule hivernal. Sur la deuxième, un berger soufflait sur les braises d’un feu de bois pour ranimer la flamme. En plus gros plan, la troisième montrait sa femme couverte de neige se blottissant contre lui, avec dans son œil une expression de terreur…
Sur l’image d’après, plus petite, on ne voyait qu’un très gros plan de détail sur le tube d’acier du canon scintillant d’une mitrailleuse.
Il était définitivement dans le sujet, mais le dessinateur, imaginant la cruauté du prochain dessin, se dit qu’il était dans un mauvais jour, décida de remettre le travail au lendemain matin…
Mais avant de s’endormir, il ramassa les dessins déchirés.OlivierTaffin-029.JPG
La nuit portant conseil, les morceaux pourraient servir, car il avait une autre commande… Sur l’innocence, au fil des saisons.

Un commentaire »

  1. On ne lit pas du Olivier Taffin comme on lit du Verne !
    La preuve.
    L’envie de savoir quand et comment se finira le voyage nous hante tous,
    et nos héros , comment vont-ils se sortir du piège ? Est-ce sans issue ?
    A toutes ces questions , une réponse que l’on trouve vers la fin du livre ,
    d’où le besoin d’aller encore un peu plus loin , allez ! Juste un chapitre, encore un !
    Et la plus le côté gauche du livre devient épais , plus le côté droit sent la couverture de fin.
    Bon d’accord , c’est un peu le but , alors on dévore , c’est très bien !

    Seulement voilà ,
    avec du LOLIVIERTAFFIN , ça marche pas pareil , les questions et les réponses ne sont pas vers la fin.
    Alors on se force à arrêter. Ah bon ? Pourquoi ?
    Parce que si on lit tout ce soir , on en aura plus pour demain.
    Tu sais comme tes bonbons , cela que tu préfères , tu aimerais en garder un peu, pas tout manger d’un coup.
    La queue du chat défile , et là oui vraiment , on se dit que c’est allé trop vite !

    Commentaire par cendre — 18 mai 2006 @ 9:57

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