Les feuilles d’Olivier

4 avril 2008

Plaisir d’amour ne dure qu’un moment…

Classé dans : silences — wolivié @ 8:37

Pour exactement la même raison qui me ferait échanger toute une vidéothèque de Walt Disney contre dix minutes du Roi et l’oiseau, je larguerais toutes les fables de La Fontaine contre ces deux textes de Florian

Le chat et le Miroir

Philosophes hardis, qui passez votre vie
À vouloir expliquer ce qu’on n’explique pas,
Daignez écouter, je vous prie,
Ce trait du plus sage des chats.
Sur une table de toilette
Ce chat aperçut un miroir ;
Il y saute, regarde, et d’abord pense voir
Un de ses frères qui le guette.
Notre chat veut le joindre, il se trouve arrêté.
Surpris, il juge alors la glace transparente,
Et passe de l’autre côté,
Ne trouve rien, revient, et le chat se présente.
Il réfléchit un peu : de peur que l’animal,
Tandis qu’il fait le tour, ne sorte,
Sur le haut du miroir il se met à cheval,
Deux pattes par ici, deux par là ; de la sorte
Partout il pourra le saisir.
Alors, croyant bien le tenir,
Doucement vers la glace il incline la tête,
Aperçoit une oreille, et puis deux… à l’instant,
À droite, à gauche il va jetant
Sa griffe qu’il tient toute prête :
Mais il perd l’équilibre, il tombe et n’a rien pris.
Alors, sans davantage attendre,
Sans chercher plus longtemps ce qu’il ne peut
Comprendre,
Il laisse le miroir et retourne aux souris :
Que m’importe, dit-il, de percer ce mystère ?
Une chose que notre esprit,
Après un long travail, n’entend ni ne saisit,
Ne nous est jamais nécessaire.

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La carpe et les carpillons

Prenez garde, mes fils, côtoyez moins le bord,
Suivez le fond de la rivière ;
Craignez la ligne meurtrière,
Ou l’épervier, plus dangereux encor.
C’est ainsi que parlait une carpe de Seine
À de jeunes poissons qui l’écoutaient à peine.
C’était au mois d’avril ; les neiges, les glaçons,
Fondus par les zéphyrs, descendaient des montagnes ;
Le fleuve enflé par eux s’élève à gros bouillons,
Et déborde dans les campagnes.
Ah ! Ah ! Criaient les carpillons,
Qu’en dis-tu, carpe radoteuse ?
Crains-tu pour nous les hameçons ?
Nous voilà citoyens de la mer orageuse ;
Regarde : on ne voit plus que les eaux et le ciel,
Les arbres sont cachés sous l’onde,
Nous sommes les maîtres du monde,
C’est le déluge universel.
Ne croyez pas cela, répond la vieille mère ;
Pour que l’eau se retire il ne faut qu’un instant.
Ne vous éloignez point, et, de peur d’accident,
Suivez, suivez toujours le fond de la rivière.
Bah ! Disent les poissons, tu répètes toujours
Mêmes discours.
Adieu, nous allons voir notre nouveau domaine.
Parlant ainsi, nos étourdis
Sortent tous du lit de la Seine,
Et s’en vont dans les eaux qui couvrent le pays.
Qu’arriva-t-il ? Les eaux se retirèrent,
Et les carpillons demeurèrent ;
Bientôt ils furent pris,
Et frits.
Pourquoi quittaient-ils la rivière ?
Pourquoi ? Je le sais trop, hélas !
C’est qu’on se croit toujours plus sage que sa mère,
C’est qu’on veut sortir de sa sphère,
C’est que… c’est que… je ne finirais pas.

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Je ne finirais pas.

28 mars 2008

Chagrin d’amour dure toute la vie…

Classé dans : silences — wolivié @ 20:59

Tout y est j’espère.
Les capotes, les punks, les beaufs les jours de repassages et les mauvais hasards…
cliquez sur la couv pour lire la BD…

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15 décembre 2007

Page sans images ?

Classé dans : silences — wolivié @ 10:10

Voici une de mes chroniques publiée le 21 novembre 2000 dans le Journal de la Haute-Marne…

La finale des Dicos de zinc

À la finale des Dicos de zinc, la dictée était délicate, car il fallait connaître quelques mots usuels en Beauf parler, langue très répandue, mais non officielle.

Le Beauf parler, ou Beauf tout court, est une langue en effet très en vogue dans de nombreux pays. Elle a l’avantage d’être universelle et, avec des nuances, de permettre à des idées simples de traverser les frontières, d’acheter du caoutchouc à pneu dans des pays sans voitures, des composants d’ordinateurs dans des pays sans électricité et de déposer l’argent gagné là-bas dans des pays sans scrupule.

Le Beauf se parle surtout dans les buvettes de stade de foot, chez le coiffeur, dans les garages, au comptoir de zinc des troquets et, dans les familles, pendant les pubs à la fin des infos.

Le Beauf permet, par exemple, de ne pas faire l’Europe, de rétablir la peine de mort, de rendre très florissantes les industries d’armement et d’expliquer que les bonnes femmes sont mieux à la cuisine qu’au boulot.

Les mots clefs du Beauf sont :

Ritals, Espingouins, Polaks, Russkofs, Yougos, Bougnoules, Négros, Viets, Chinetoques, Boches et Rosbifs.

Les Ritals se bourrent de pizzas et matent les nanas avant d’en faire des Mamas.

Les Espingouins s’enfilent des tapas à la corrida et des castagnettes au flamenco avant d’aller à confesse.

Les Polaks et les Russkofs descendent vodka sur vodka et juste après, une vodka pour faire passer. Les Yougos préfèrent s’envoyer des pétards, et, juste après, l’ONU pour faire passer.

Les Bougnoules élèvent des moutons dans les ascenseurs, ce qui leur permet d’élever leurs enfants dans les fourgons de CRS.

Les Négros boufferaient bien ma soeur, tous nus avec leurs dents toutes blanches.

Les Viets, congs, en tongs, tapent sur des gongs en attendant leur réincarnation en hamburgers.

Les Chinetoques dévorent les caniches après les avoir noyés dans des rizières.

Les Boches carburent à la saucisse et à la bière dans des bunkers avant, pendant et après les guerres.

Les Rosbifs trempent leurs moustaches rouquines dans le thé à cinq heures, l’essuient sur leur Manche en attendant les obsèques de la Reine-Mère pour faire de l’humour.

C’est un Franchouillard qui donne ces définitions, bien sûr.

Il y a trois sortes de Franchouillards : le Péquenot de campagne, en voie d’extinction, le Banlieusard de cité, qui se multiplie en se colorant et le Parigot tête de veau qui vide les campagnes et colore les banlieues. La rengaine préférée de tout Franchouillard qui se respecte est : « J’suis pas raciste mais faudrait pas oublier les Amerloques ».

Les Amerloques ont inventé la Démocratie-Cholestérol en évinçant Donald pour élire Mickey ou réciproquement et nous exportent la bouffe Dumbo en attendant que leur système politique Rambo soit tout à fait au point.

Fin de la dictée. Zéro fôtes.

On y voit bien tout de même que la notion d’image reste à définir…

5 septembre 2007

Double face 1

Classé dans : peinture, silences — wolivié @ 17:08

“Leurs veines étaient bleues, leur sang était rouge et leurs larmes avaient un goût salé.”
Alain Korkos

Comme le veut l’achronologie de la toile, dans Double face 2, le 5 août, je vous racontais combien j’avais fourré mon nez dans la misère telle qu’on l’imagine, en N&B… (grillant justement au passage, de 24 heures, héhé, une fois n’est pas coutume, la politesse à Mr Ka)…

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Je tiens, en couleur donc, ma promesse d’incursion dans la misère des princes…

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Méfiez-vous de la couleur de leurs costumes, leurs veines sont grises, leur sang est
pâle et leurs larmes archi-sèches.

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