Les feuilles d’Olivier

1 juillet 2006

Perpette

Classé dans : peinture, neuronale — wolivié @ 11:40

INTELLLIGENCE peut s’écrire avec un minimun de trois L.

L’intellligence est nécessairement induite par la paressse.
Celle qui traînassse en sssifflotant.
L’intelligence permet de ne pas peindre quatre tableaux et oblige à celui-ci.

Copie de tri.jpg

Bien sûr, l’intellligent, c’est le cinquième, celui qui en résulte et que vous venez de frôler, car, las à l’avance de peaufiner chacun des quatre, l’artiste nous offre le cumul d’un coup, panoramique résumé de l’autoportrait pas trop posé…
et surtout…

Surtout !
L’intellligence va lui permettre de pouvoir accuser le miroir d’avoir bougé.

Lattéralement, comme ci-dessus…

Mais aussi verticalement:

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Ou, au pire, tordu.

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L’intellligence n’est peut-être qu’une perversité.
Elle s’en tire bien. Les miroirs seront condamnés.

Et l’ortthographe, bien entendu, pour complicité.
À perpette, pour entourloupe.

20 juin 2006

Bon d’achats

Classé dans : peinture, intimité, nostalgies — wolivié @ 10:24

« Je peins peu. Je n’expose guère et le rouge ne me sied point.
Si je peins peu, c’est que j’écris beaucoup.
Si je n’expose guère, c’est que je n’en fais pas commerce.
Et si le rouge ne me sied point, c’est que, jeune et enthousiaste, je piquais
beaucoup trop de fards, en particulier quand je me mélangeais les pinceaux…
Alors, lorsqu’un groupe de jeunes enthousiastes est venu me demander de peindre et d’exposer sur le thème du Rouge, je me suis dit : pourquoi pas tenter, une fois n’est plus coutume, de me mélanger les pinceaux ?

C’est mon petit topo d’intro du catalogue de l’expo « Rouge » à Langres et au Château de Barbirey en juillet.

Je n’ai pas toujours peu peint.

Mais, comme je l’explique dans « Palimpseste », peu de toiles survivaient.
Je peignais successivement jusqu’à 8 tableaux sur le même support, non que je sois totalement insatisfait des couches précédentes, mais, le trajet comptant déjà, pour moi, plus que les traces, il m’importait peu de me collectionner.
Voici pourtant quelques peintures qui se sont échappées de ce recyclage permanent
Elles ne sont pas nécessairement meilleures que celles qu’elles recouvrent, mais le propriétaire de la jolie maison du XXème arrondissement de Paris que j’habitais, passait parfois, inquiet de mes retards de paiement de loyer.
Fort avisé, il interrompait le parcours de mes « peintures omnibus » en me demandant le prix de celles qui lui plaisaient et en sortant son chéquier dans la foulée.
Étant donné mes dettes à son égard, cela avait l’air d’un troc, mais, dans notre esprit, il s’agissait d’un achat ordinaire, même si les sous lui reviendraient bientôt…

Voici la maison, à la dernière page du livre de Lionel Longueville ” … Si le quartier de la réunion m’était conté”.

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Voici quelques années de loyers.

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La maison n’a pas bougé… Et grâce à elle, ces peintures non plus.
Pas plus que celle-ci, qu’il m’acheta quelques années après notre départ…
Je n’ai qu’une photo en noir et blanc…

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… Mais je garde les couleurs de la rue des orteaux dans ma tête…

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16 juin 2006

Time is Money

Classé dans : peinture, nostalgies — wolivié @ 12:00

Je n’en ai guère.
Mon temps se découpe en petits rectangles, carrés, losanges et demi-sphères qui s’emboîtent, se chevauchent et se perdent…
Mon pognon se retranche.

Mes peintures des années 70 traînaient ainsi, déjà, à la remorque du cubisme, Je les aime bien nonobstant, plus vagabondes que dépassées…

Être nostalgique à 20 ans, c’est sûrement à cause de « Saturne en conjonction avec ton soleil » disait mon copain astrologue Didier Colin…
Pourtant, né le même jour de la même année que Georges Bush et Sylvester Stallone, mon côté Rambo doit bien être planqué quelque part, Nom de Dieu !

Cherchons ensemble…

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Pas trouvé ?

Normal, il était déjà pas là mon côté Rambo.

25 mai 2006

Denis la menace

Classé dans : peinture, intimité, semaine sainte — wolivié @ 18:24

À moins d’être convaincu de perversité, Maurice Denis, peintre français mort en 1943, était sûrement bien loin d’imaginer qu’en 1960, un gamin de treize ans, puisse ressentir, en l’église Ste Marguerite du Vésinet, autre chose que ce pourquoi on lui avait passé commande de fresques et de vitraux…

Et surtout, petit maître s’il en fut, ce théoricien des « nabis » ne pouvait soupçonner l’ampleur de son influence.

Grâce à lui, je fus fort précoce dans la découverte du vide :
Le voilà.
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On ne reste pas impunément posé là-dessous, tous les précieux dimanches de l’enfance sans se venger.

Le créateur de ce vitrail m’a fait comprendre (absorber) à doses répétées, ponctuelles, tout ce qu’il y a de vain dans une église.
Je ne suis pas sûr que ce n’était pas son but : n’a-t-il pas écrit :

« Se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. »

Privé d’ailes, agenouillé au-dessous, je n’avais pourtant, comme mes congénères, que l’envie de rejoindre le ciel… Mais en traversant les verres de couleur.
Me voilà.
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De l’extérieur, j’aurais pu, bien entendu, péter les vitraux en jetant un caillou pour me faciliter la tâche…
Mais,
1, la préméditation n’est pas mon fort.
2, un vitrail, vu de dehors, n’est qu’une tache sombre, souvent couverte de poussière, qu’on a pas envie d’exploser.
3, par le trou, ils auraient pu tous s’enfuir et se répandre dans la ville.

S’évader seul est un bonheur.

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