Les feuilles d’Olivier

23 octobre 2006

Motif et bouche cousue

Classé dans : peinture — wolivié @ 8:44

Le 25 avril 2006, j’écrivais ici que ma spécialité, en peinture, a toujours été le repentir, et que les toiles que j’ai conservées ont été recouvertes au moins 5 à 6 fois.

La principale raison de ce cumul, c’est que je n’aime pas peindre sur un toile vierge et qu’ainsi, chaque peinture se nourrissait de la précédente, tant par ses formes que par sa matière.
L’intérêt de ce cumul, c’est bien sûr que le vide vers lequel je tendais m’étant pesant, je préférais le fabriquer derrière moi.

Mais quelquefois, un détail résistait.
15 ans d’âge pour celui là.
J’ai bricolé quelques traces pour vous permettre de vous en approcher…

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stop.
demi-tour

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clic re demi tour.
… et on repart

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État des lieux 2006: L’aigle à deux têtes au Château de Barbirey en Bourgogne.
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à suivre…

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26 septembre 2006

PSDB. Peinture de salle de bain

Classé dans : peinture, intimité — wolivié @ 11:35

“C’est ma vie.” Dit-elle.
“Je vis…plutôt nous vivons là depuis trois ans.
Nous ne sommes pas seules.
Autour de nous, des dents se brossent, des serviettes se déplient, du linge se trie, se lave et s’essore, des conversations s’engagent dans les couloirs de l’intimité, ressortent de la douche apaisées…
C’est bon.”

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“Des fois, je me demande si j’ai vraiment envie de finir au musée.”

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… Salle de bain ou musée… y-a que le cadre qui change.

24 juillet 2006

Fond de frigo

Classé dans : peinture — wolivié @ 8:20

L’art n’a guère besoin de chair, les épluchures suffisent.

J’ai parlé d’épluchures. J’aurais pu parler de trognons.
En tout cas, de ragotons.

Posez, dans ma cuisine un St Pierre, une lame à lever les filets, un pot de crème fermière, quelques brins d’aneth, un verre de Chablis…

Je suis déjà à table, j’ai déjà fini.
C’est radical, je m’ennuie. Je crois même que je n’ai pas faim.

Ouvrez-moi votre placard, votre frigo et mon appétit grandit.
À la condition qu’ils soient presque vides, bien sûr.
Je parcours d’un œil avide les étagères où gisent quelques restes négligés.
Le bonheur de l‘affamé s’empare de moi.
Et peu importe qu’il y manque des légumes !
Les orties, devant la maison, feront l’affaire…

Mon génie ne se révèlera que devant l’absence.
Mes pièces montées nécessitent la pénurie

Ainsi, mon musée imaginaire s’est constitué à partir d’œuvres qui avaient le mérite d’une discrétion à la fois laborieuse, sincère et, comme s’ils portaient cette dose de manque qui m’est indispensable, je n’ai constitué mes premiers bafouillages d’image qu’à partir d’un court-bouillon de petits-maîtres.

Beaucoup d’arômes légers infusaient sans qu’aucun n’entête.
En lieu et place d’un fond corsé qui allierait des produits au moins Fauchon, tels Rembrandt ou Picasso, je mijotais, sur mon gaz, une décoction discount de Puvis de Chavannes, d’expressionnistes allemands, Macke, Schimdt-Rottluff, Marc, Kirchner, un minestrone flottard de Nabis et de gentils post-cubistes, Villon, De la Fresnaye, relevé d’un doigt de Vallotton… Du nectar de pas grand-chose.
Le trajet vaut mieux que les traces.
Il me fallait traverser l’histoire de l’art sans passer par les têtes de gondoles. Une fin de marché rien qu’avec des promos.

Le propre des novateurs est de prendre toute la place.
Ils n’ont pourtant que le mérite d’être les premiers.
Dans la file d’attente à la caisse, je n’ai même pas tenté de resquiller.

En promo aujourd’hui, 2 produits de marque repères…

Puvis de Chavannes

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De la Fresnaye

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Tranquilles, non ?

4 juillet 2006

Exil

Classé dans : peinture — wolivié @ 9:34

Mon admiration pour Paul Cuvelier est grande.
Et ma reconnaissance.

Corentin et, plus tard, Epoxy m’ont conduit à la BD, genre que j’ai exploré et cru aimer durant 15 ans.
Cuvelier révait d’être peintre. Il aurait dû se barrer plus tôt.
Moi, je l’ai quitté avant d’avoir trop bobo.
Peut-être en regardant aussi ses peintures. Sa dernière Leçon.

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J’ai donc fait dix albums.
Tandis que se développaient habileté, gestion de trucs et conventions, qui définissent le travail de l’artisan, je perdais bien évidemment cette soumission indispensable à la maladresse qui définit l’artiste.
En effet, sitôt qu’il entre dans quelque maîtrise que ce soit, l’artiste se retrouve en marge de son projet. Il se doit de caresser l’échec pour que le visiteur ne puisse dire en passant au tableau suivant :
Ah ouais, vachement chouette celui-là !
La pire des insultes à cette dose de douleur que, sans en abuser, il doit biberonner en permanence.
Il m’a fallu réapprendre à dessiner aussi « mal » que je pouvais : Retrouver ce sentiment de vrai régal à disparaître derrière ce que mon sujet décide, lui, d’imposer.
Toute virtuosité que je lui assènerais serait arbitraire condamnation et lui ferait perdre cette autonomie que je voudrais qu’il s’approprie.
Mes toiles en abusent souvent. Elles s’offrent trop de libertés. On ne m’y identifie plus comme « leur » peintre. Elles me virent.
Mon seul courage est d’en peindre encore en espérant qu’une d’elle, un jour, m’autorisera à m’y reconnaître, en choisissant de ressembler à sa voisine…

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Après s’être installées dans le même immeuble, elles ont déménagé sur le même palier.
Encore un effort.
On l’a vu, celles de Cuvelier sont bien co-locataires…

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