C’est au nom d’un idéal de pacotille et d’une approche désespérément puérile d’un âge adulte contourné méthodiquement, que J’ai encré, d’un pinceau délicat, tant de nénettes supercanons et superinodores.
Mon silence à moi.

Devrais-je en oublier combien j’ai fourré mon nez dans la misère…

Zéro compassion.
(Juste un doigt de miséricorde, un vieux reste, peut-être, de cet
attribut de Dieu, synonyme de clémence envers les pécheurs…)

Oui ça pue.

Mais des flots d’empathie me submergent.
Des torrents de proximité.
Une honte partagée d’exister derrière une façade
que mes minettes blasons n’ont pas su ravaler.
Bâclés et vrais, ceux-là était prolos,
sûrs et certains d’aller mal et de le mériter.
Je vous en montrerai des plus bourges,
de ceux qui manient l’encre de chine,
des cousins en couleur…

La misère est une grande famille
la soirée a été longue.

Une grande solitude habite ce personnage, non ?
Un grand secret en tous cas.
Heureusement il est fatigué. Le sommeil pourra-t-il le réparer un ‘ti peu ?
(Peint et vendu en 1990, je ne peux plus l’offrir à mes enfants)
Si les vacances existent, elles doivent ressembler à ceci.

Une sorte de mouvement lent au bord de la grâce, un pied dans l’ennui.
À peine loin.
Je n’y étais pas.
…
Non. Si je vous fais ce trip, c’est que depuis près de trois semaines,
je me demande ce que je fous sur le net.
Drôle de plage. Une sorte de grève.
Comme sur cette toile, je m’y vois de dos.
Au piquet.
1988
Alors je vous mets une image de celle qui ne part pas.
Peinte en marge des désirs, comme un rappel à l’ordre.
La jeune fille au petit-déjeuner.
Triste vraie et simple.
Restée en banlieue.
1989

Ma vie de peintre, faite de périodes brèves, en saccades, m’a révélé au moins mon envie de cesser de rêver la peinture.
Au moins provisoirement.
Mais vous ne souhaitez tout de même pas que je vous parle des présidentielles !
Comme pas mal de trucs, le narratif commence à 2.
2 le chiffre, pas deux les humains.
Avant, il y a l’anecdote numéro 1.
Ainsi un fond d’armoire gratté, griffonné, peut-être aujourd’hui cramé.
(j’irai voir dans le grenier)
Appelons-le « misère du monde » et constatons son désarroi.

Après, choisissons l’anecdote numéro 1 bis, cette grande toile de lin, pleine de relents.
Appelons-la « démocratie » et constatons sa suffisance.

Jusque-là tout va bien.
Juxtaposons.


Oh la la laaa ! Que de narratif !