Les feuilles d’Olivier

17 juillet 2006

Anna hors contexte

Classé dans : nostalgies — wolivié @ 8:32

J’engageais mon caddie à la caisse.

En province tout le monde s’est, un jour ou l’autre, croisé, parlé,
au moins aperçu et, bien sûr, nombreux sont les sourires et les politesses d’usage.

Tiens, mon garagiste… Tiens, la nièce de Paul… Peu de visages inconnus.

Mais !? Qui c’est ?

Dans la queue, une jeune femme me sourit que je connais bien… Mais qui c’est ?

Ce visage est si familier.
S’est-elle coupé ou frisé les cheveux ? Teinte ?
Ce visage est si familier.
Je fais défiler dans ma tête toutes les barmaids, les vendeuses, les secrétaires de mairie de Langres, les mamans d’élèves de mes cours du mercredi.
Elle me sourit encore. Elle me connaît trop bien.

Moi aussi, mais qui ?
Ce visage est si familier.
Je l’habille de blouse blanche, comme on fait dans ces cas-là,
pour reconstituer une pharmacienne, une infirmière. Une radiologue
Je lui essaie même un uniforme d’hôtesse…

De quoi que je l’habille, elle ne se ressemble pas.
Et pour cause !!
Bien sûr que je la connais par cœur !

J’ai chargé les courses dans l’auto.

Il y a cinq ans, elle était modèle à mon cours de nu du vendredi soir.
Je l’ai dessinée nue pendant deux ans, deux heures par semaine…

Ce visage est si familier.

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Il suffisait de lui mettre l’uniforme qu’elle portait chaque soir.

20 juin 2006

Bon d’achats

Classé dans : peinture, intimité, nostalgies — wolivié @ 10:24

« Je peins peu. Je n’expose guère et le rouge ne me sied point.
Si je peins peu, c’est que j’écris beaucoup.
Si je n’expose guère, c’est que je n’en fais pas commerce.
Et si le rouge ne me sied point, c’est que, jeune et enthousiaste, je piquais
beaucoup trop de fards, en particulier quand je me mélangeais les pinceaux…
Alors, lorsqu’un groupe de jeunes enthousiastes est venu me demander de peindre et d’exposer sur le thème du Rouge, je me suis dit : pourquoi pas tenter, une fois n’est plus coutume, de me mélanger les pinceaux ?

C’est mon petit topo d’intro du catalogue de l’expo « Rouge » à Langres et au Château de Barbirey en juillet.

Je n’ai pas toujours peu peint.

Mais, comme je l’explique dans « Palimpseste », peu de toiles survivaient.
Je peignais successivement jusqu’à 8 tableaux sur le même support, non que je sois totalement insatisfait des couches précédentes, mais, le trajet comptant déjà, pour moi, plus que les traces, il m’importait peu de me collectionner.
Voici pourtant quelques peintures qui se sont échappées de ce recyclage permanent
Elles ne sont pas nécessairement meilleures que celles qu’elles recouvrent, mais le propriétaire de la jolie maison du XXème arrondissement de Paris que j’habitais, passait parfois, inquiet de mes retards de paiement de loyer.
Fort avisé, il interrompait le parcours de mes « peintures omnibus » en me demandant le prix de celles qui lui plaisaient et en sortant son chéquier dans la foulée.
Étant donné mes dettes à son égard, cela avait l’air d’un troc, mais, dans notre esprit, il s’agissait d’un achat ordinaire, même si les sous lui reviendraient bientôt…

Voici la maison, à la dernière page du livre de Lionel Longueville ” … Si le quartier de la réunion m’était conté”.

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Voici quelques années de loyers.

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La maison n’a pas bougé… Et grâce à elle, ces peintures non plus.
Pas plus que celle-ci, qu’il m’acheta quelques années après notre départ…
Je n’ai qu’une photo en noir et blanc…

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… Mais je garde les couleurs de la rue des orteaux dans ma tête…

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16 juin 2006

Time is Money

Classé dans : peinture, nostalgies — wolivié @ 12:00

Je n’en ai guère.
Mon temps se découpe en petits rectangles, carrés, losanges et demi-sphères qui s’emboîtent, se chevauchent et se perdent…
Mon pognon se retranche.

Mes peintures des années 70 traînaient ainsi, déjà, à la remorque du cubisme, Je les aime bien nonobstant, plus vagabondes que dépassées…

Être nostalgique à 20 ans, c’est sûrement à cause de « Saturne en conjonction avec ton soleil » disait mon copain astrologue Didier Colin…
Pourtant, né le même jour de la même année que Georges Bush et Sylvester Stallone, mon côté Rambo doit bien être planqué quelque part, Nom de Dieu !

Cherchons ensemble…

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Pas trouvé ?

Normal, il était déjà pas là mon côté Rambo.

11 juin 2006

Compost

Classé dans : neuronale, nostalgies — wolivié @ 10:26

Comme on le devine au fil de ces pages, je suis un fanatique du pas-grand-chose
Mais le pas-grand-chose prend souvent l’aspect du rien-du-tout…

Prenons Poubelle 1

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Elle est bien vide.

Voyons poubelle 2

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À sa façon aussi, elle est bien vide aussi.

En manque total d’inspiration, n’ayant rien à dire à propos de Poubelle 1, j’y ai jeté les feuilles que, désespéré, j’avais laissées vierges.
On est bien là dans le domaine du rien-du-tout, et si l’on veut, du double rien-du-tout.

Cela ne devrait même pas être publié.
C’est d’ailleurs ce que j’explique dans Poubelle 3 et 4 que je vais écrire… il y a un mois déjà.

Pour retrouver le monde du pas-grand-chose, que j’affectionne, il me faut retourner en 1969…

Je travaillais à Air France, à la réservation Boulevard Blanqui à Paris. Nous avions, les quarante voleuses et moi (j’étais, si je me souviens, une sorte d’Ali Baba, le premier garçon du service), un casque sur les oreilles et (avant l’arrivée de l’ordinateur) des petites fiches de bristol rectangulaires dont on pouvait séparer une languette prédécoupée. Elles servaient à inscrire les résas.

Voilà à peu près réconstituée, Poubelle 1969.

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C’est de là que j’ai réalisé ces choses…

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Joli non ?

Il m’en reste une dizaine.
Du bout de mes doigts, je roulais, je pliais, j’encochais en quinconce les bandelettes. Comme ça.
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Le soir, je collais artistiquement les formes rigides façonnées dans l’ennui de mes 8 heures de réponses automatiques…
Tandis que mes bandelettes de papier immaculé enfermaient du vide, des places réservées traversaient les nuages…

L’art n’a guère besoin de chair, les épluchures suffisent.

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