Les feuilles d’Olivier

28 septembre 2007

Faudra que je me rachète des tubes…

Classé dans : peinture, nostalgies — wolivié @ 9:44

Parce que je ne suis pas certain d’avoir envie, dans ces pages, de raconter ma vie, j’ai longtemps hésité à vous coller ma première huile sur toile, vendue en 1963 à une jeune américaine, notre voisine au Vésinet.
Son père, colonel au SHAPE rembarqua toute sa famille et mon tableau quand De Gaulle vira les amerloques.
J’étais fier de cet achat en petit dollars, quoique je pensais que la fifille l’avait acheté
autant pour le joli petit peintre que par amour de l’art.

D’eux, il ne me reste que l’odeur de beurre de cacahuète dans la cuisine.
Je ne me rappelle même plus du nom de ma mécène de 18 ans et il en serait de même pour la toile si je n’avais pas pris cette photo.
Je me connais : j’avais posé devant ma première sculpture, sûrement pour cacher l’aisselle que j’avais ratée.

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Immobilisé par un petit traumatisme crânien, j’avais acheté trois tubes de marron et un de Blanc de zinc.
Putain d’odeur géniale !

(…)

Trente ans plus tard, j’ai fait quelques acryliques. Des grands formats, très vite parce que ça sentait pas bon.

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( Je n’ai pas mis de sculpture devant l’aisselle car je la trouve pas mal )

(…)

Il y a quatre jour, zonant devant mon ordi, j’ai bricolé un mime Marceau…

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J’ai retiré la page parce qu’elle ne sentait rien du tout.

22 mai 2007

Petit chagrin domestique

Classé dans : réédition, nostalgies — wolivié @ 21:27

Oublions les gros chagrins qui nous ont habités ces dernières semaines.
Je me demande même pourquoi j’ai tant soit peu investi le territoire électoral…
La résistance est toujours ailleurs, à côté, comme elles : derrière la fenêtre.

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Ainsi paressaient ces bricoles, que l’an dernier, je façonnais à temps perdu, avec je suppose, le secret espoir d’engager une conversation…
Je leur avais donné des petits noms… Annabel et Marceline pour ces deux là.

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Et puis Liselotte, la p’tite dernière, sauvage…

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elle semblait toujours tenter de s’échapper.
Je lui souhaitais de réussir.

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Avant de la laisser partir, j’avais vérifié qu’elle correspondait, comme les figurines Mokarex, à tous mes rêves d’enfants…

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L’amour de la miniature est banal chez les petits garçons, jusque dans leurs moindres détails, disais-je alors.


Et bien figurez-vous que ces statuettes d’argiles, je les ai mises au four.
Liselotte a explosé, comme Annabel et les autres.
Seule Marceline est rescapée. Je l’ai offerte au lieu de la cuire.

L’art doit être généreux.
… Sinon, qu’il accepte d’être éphémère, au moins.

6 septembre 2006

Photoshop clic clic

Classé dans : nostalgies — wolivié @ 9:56

Le charme de la carte à gratter où il aimait dessiner en négatif, en effleurant sa surface douce et mate, avec le risque d’en érafler trop, autant que celui de la fragile pellicule de Letraset, toujours au bord d’une infime craquelure, tout, sur la table du dessinateur, comportait un enjeu.
Hésitation… Choix… Implication…

Tricher n’était pas une mince affaire.

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Grâce à Photoshop clic clic il double aujourd’hui instantanément ses alternatives.
Mais qu’est-ce qu’il s’emmerde.

Plus d’hésitation… Zéro choix… Aucune implication

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On dirait même qu’il vote.

17 juillet 2006

Anna hors contexte

Classé dans : nostalgies — wolivié @ 8:32

J’engageais mon caddie à la caisse.

En province tout le monde s’est, un jour ou l’autre, croisé, parlé,
au moins aperçu et, bien sûr, nombreux sont les sourires et les politesses d’usage.

Tiens, mon garagiste… Tiens, la nièce de Paul… Peu de visages inconnus.

Mais !? Qui c’est ?

Dans la queue, une jeune femme me sourit que je connais bien… Mais qui c’est ?

Ce visage est si familier.
S’est-elle coupé ou frisé les cheveux ? Teinte ?
Ce visage est si familier.
Je fais défiler dans ma tête toutes les barmaids, les vendeuses, les secrétaires de mairie de Langres, les mamans d’élèves de mes cours du mercredi.
Elle me sourit encore. Elle me connaît trop bien.

Moi aussi, mais qui ?
Ce visage est si familier.
Je l’habille de blouse blanche, comme on fait dans ces cas-là,
pour reconstituer une pharmacienne, une infirmière. Une radiologue
Je lui essaie même un uniforme d’hôtesse…

De quoi que je l’habille, elle ne se ressemble pas.
Et pour cause !!
Bien sûr que je la connais par cœur !

J’ai chargé les courses dans l’auto.

Il y a cinq ans, elle était modèle à mon cours de nu du vendredi soir.
Je l’ai dessinée nue pendant deux ans, deux heures par semaine…

Ce visage est si familier.

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Il suffisait de lui mettre l’uniforme qu’elle portait chaque soir.

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