Les feuilles d’Olivier

17 juin 2006

Biiip !

Classé dans : neuronale — wolivié @ 8:35

C’est parce que, sur internet, se propage une sorte de gag filmé, que j’ai plusieurs fois reçu,(et que Raymond Devos est mort en plus), que je ressors ce “Biiip !”.
Je vous épargne le clip… Le seul intérêt de ces courriers balladeurs étant l’inattendu.
Si vous le recevez, vous pourrez rire de votre plein gré.

Voici le mien.

(Une chronique publiée dans le Journal de la Haute-Marne le 11/09/01)

Bonjour !
Vous êtes en communication avec ” les feuilles d’Olivier “, service hebdomadaire ouvert sans interruption deux heures par semaine.

Si vous voulez, vous pouvez taper sur la touche*
Si vous ne voulez pas y toucher, tapez sur la touche 1
Si vous ne savez pas si c’est bien de taper sur la touche 1, tapez sur la touche 2
Si ça vous est complètement égal, tapez sur la touche 3 ou sur la 4

Re Bonjour !
Vous venez de taper sur la touche*. C’est un bon choix : Vous êtes en communication avec le service ” touche étoile “.
Si vous voulez savoir à quoi il sert, tapez sur la touche 1
Si vous ne voulez pas le savoir, tapez sur la touche 2
Si vous voulez en savoir beaucoup plus, tapez sur les touches 3, 4, 5 et 6.

Bravo !
Vous venez de taper sur la touche 1. Vous êtes en communication avec le service ” On ne touche pas à la touche étoile ! “.
Si vous voulez savoir pourquoi on ne touche pas à la touche étoile, tapez 1
Si vous voulez savoir ce qu’on va vous dire si vous tapez 1, tapez 2.
Sinon raccrochez.

Coucou !
Vous êtes toujours là !
C’est gentil de ne pas raccrocher, ça occupe nos services. Appuyez sur la touche# si ça vous chante. Sinon attendez le Biiip et laissez-nous votre message.

Désolé !
Nous n’avons pas pu enregistrer votre message. Nous nous excusons de la saturation de nos services.
Vous pouvez nous rappeler ultérieurement.
Si vous nous appeliez pour nous dire que c’est trop long de patienter pour attendre le Biiip de la fin des ” Feuilles d’Olivier “, tapez directement sur le chroniqueur en écrivant un commentaire, bureau 3,14116, service “Je peux aussi vous faire un dessin sur la communication”

comm.jpg

Biiip…Biiip…Biiip…Biiip…

11 juin 2006

Compost

Classé dans : neuronale, nostalgies — wolivié @ 10:26

Comme on le devine au fil de ces pages, je suis un fanatique du pas-grand-chose
Mais le pas-grand-chose prend souvent l’aspect du rien-du-tout…

Prenons Poubelle 1

poub1.jpg

Elle est bien vide.

Voyons poubelle 2

poub.JPG

À sa façon aussi, elle est bien vide aussi.

En manque total d’inspiration, n’ayant rien à dire à propos de Poubelle 1, j’y ai jeté les feuilles que, désespéré, j’avais laissées vierges.
On est bien là dans le domaine du rien-du-tout, et si l’on veut, du double rien-du-tout.

Cela ne devrait même pas être publié.
C’est d’ailleurs ce que j’explique dans Poubelle 3 et 4 que je vais écrire… il y a un mois déjà.

Pour retrouver le monde du pas-grand-chose, que j’affectionne, il me faut retourner en 1969…

Je travaillais à Air France, à la réservation Boulevard Blanqui à Paris. Nous avions, les quarante voleuses et moi (j’étais, si je me souviens, une sorte d’Ali Baba, le premier garçon du service), un casque sur les oreilles et (avant l’arrivée de l’ordinateur) des petites fiches de bristol rectangulaires dont on pouvait séparer une languette prédécoupée. Elles servaient à inscrire les résas.

Voilà à peu près réconstituée, Poubelle 1969.

poub 2.jpg

C’est de là que j’ai réalisé ces choses…

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vide 1.jpg

vide 3.jpg

Joli non ?

Il m’en reste une dizaine.
Du bout de mes doigts, je roulais, je pliais, j’encochais en quinconce les bandelettes. Comme ça.
bb.jpg

Le soir, je collais artistiquement les formes rigides façonnées dans l’ennui de mes 8 heures de réponses automatiques…
Tandis que mes bandelettes de papier immaculé enfermaient du vide, des places réservées traversaient les nuages…

L’art n’a guère besoin de chair, les épluchures suffisent.

20 mai 2006

Poubelle 3

Classé dans : neuronale — wolivié @ 9:49

Vous avez, bien sûr, raté Poubelle 2 et surtout Poubelle 1.

Je les ai jetés à la poubelle, je l’ai déjà dit, très logiquement dans la page qui suit (puisqu’elle a été écrite avant), Poubelle 4.

Poubelle 3 sert donc à déjouer le piège en se plaçant au bon endroit pour dire pourquoi cette saga en quatre épisode s’intitule poubelle (ce que Poubelle 4 ne dit pas clairement)…
Voici l’objet du délit.

poub.jpg

Regardez-la bien, ma poubelle.
Outre, les feuilles froissées, à l’intérieur, parmi lesquelles les brouillons de Poubelle 1 et 2, non utilisés, on remarque un précieux document, qui semble comme vouloir s’échapper…
Mais là… ?

poub 2.jpg

Ici, tout est rentré dans l’ordre et l’on pourrait penser que le document à été avalé, comme les autres…
Non.

affiche.jpg

Il est là le précieux document : Il a pris toute ses fonctions dans cette affiche que j’ai concocté cette semaine.
Dévoré par une archiphage…
Je vous en montrerai d’autres, des archiphages.
Comme ce guerrier, mercenaire Sarkophage.

fig 4.jpg

Ces créatures ont été créées par le conservateur des Archives de l’Aube et moi-même pour l’exposition que vous découvrirez en juin.

Le bruissement des feuilles que je froisse suffit quelquefois aussi à me nourrir.

18 mai 2006

Poubelle 4

Classé dans : neuronale — wolivié @ 22:10

Vous avez, donc, raté “Poubelle 2″ et surtout “Poubelle 1″.
Je les ai jetés à la poubelle, car, en raison du sens de lecture d’un Blog, descendant, vous les auriez lus après celui-ci, ce qui leur aurait (ô combien)
ôté leur novatrice antériorité.

J’ai réservé “Poubelle 3″. Je l’écrirai plus tard afin de déjouer le piège en vous conduisant à le lire avant ( ce que vous venez probablement de faire).

J’aime les livres.

Tandis que le visuel rassemble, l’écrit isole.
Tandis que le visuel racole, l’écrit ressemble…

C’est celui qui le lit qui y est !

Le livre est ainsi l’objet de tous les délits.
Le délit de solitude semble le plus fréquent.
 33.jpg
Mais, comme l’entre-les-lignes est une zone de liberté non surveillée, y prospèrent, aussi, des péchés moins véniels, des délits d’intimité et de secret qui viennent aggraver la faute quand l’abus de solitude devient chronique, impunément.
Parmi ces délits…
Le rapt : Chaque lecteur y grappille des images au lieu de s’en trouver gaver.
L’égoïsme : Il se les garde au lieu de les afficher.
L’avidité : tandis que la pupille du voyeur s’écarte sous une paupière douce comme une couette, pour mieux s’y assoupir, celle du lecteur se taille en pointe, en vrille, pour s’enfiler plus vite et plus profond le long des lignes.

Plus vite ou plus doucement. C’est selon. Même le temps d’un livre appartient au lecteur, du moment où il le tripote, le hume sûrement, avant de l’écarter, jusqu’au moment où, repu, il mate déjà sa prochaine victime.
Une sorte de viol à répétition s’accomplit, quand un doigt fébrile glisse pour effeuiller, un par un, les dessous des pages suivantes.
Il s’insinue, avide jusqu’aux replis des reliures vierges.

Bravo.
32.jpg
Bon. Mais le blog ?
Un blog n’a pas d’odeur. Et en plus, un sens de lecture qui place la page d’avant après !
Le visuel au service de la destruction de la chronologie !
Le début de l’histoire longtemps avant la fin !

Pour le visuel : No problémo
31.jpg
L’envers passe.

Mais pour la lecture, c’est un peu con en arrière…

erèirra ne noc uep nu tse’c ,erutcel al ruoP.

Oui, l’écrit isole.

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