À moins d’être convaincu de perversité, Maurice Denis, peintre français mort en 1943, était sûrement bien loin d’imaginer qu’en 1960, un gamin de treize ans, puisse ressentir, en l’église Ste Marguerite du Vésinet, autre chose que ce pourquoi on lui avait passé commande de fresques et de vitraux…
Et surtout, petit maître s’il en fut, ce théoricien des « nabis » ne pouvait soupçonner l’ampleur de son influence.
Grâce à lui, je fus fort précoce dans la découverte du vide :
Le voilà.

On ne reste pas impunément posé là-dessous, tous les précieux dimanches de l’enfance sans se venger.
Le créateur de ce vitrail m’a fait comprendre (absorber) à doses répétées, ponctuelles, tout ce qu’il y a de vain dans une église.
Je ne suis pas sûr que ce n’était pas son but : n’a-t-il pas écrit :
« Se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. »
Privé d’ailes, agenouillé au-dessous, je n’avais pourtant, comme mes congénères, que l’envie de rejoindre le ciel… Mais en traversant les verres de couleur.
Me voilà.

De l’extérieur, j’aurais pu, bien entendu, péter les vitraux en jetant un caillou pour me faciliter la tâche…
Mais,
1, la préméditation n’est pas mon fort.
2, un vitrail, vu de dehors, n’est qu’une tache sombre, souvent couverte de poussière, qu’on a pas envie d’exploser.
3, par le trou, ils auraient pu tous s’enfuir et se répandre dans la ville.
S’évader seul est un bonheur.