Les feuilles d’Olivier

26 septembre 2006

PSDB. Peinture de salle de bain

Classé dans : peinture, intimité — wolivié @ 11:35

“C’est ma vie.” Dit-elle.
“Je vis…plutôt nous vivons là depuis trois ans.
Nous ne sommes pas seules.
Autour de nous, des dents se brossent, des serviettes se déplient, du linge se trie, se lave et s’essore, des conversations s’engagent dans les couloirs de l’intimité, ressortent de la douche apaisées…
C’est bon.”

sqb1.jpg

“Des fois, je me demande si j’ai vraiment envie de finir au musée.”

musee.jpg

… Salle de bain ou musée… y-a que le cadre qui change.

20 juin 2006

Bon d’achats

Classé dans : peinture, intimité, nostalgies — wolivié @ 10:24

« Je peins peu. Je n’expose guère et le rouge ne me sied point.
Si je peins peu, c’est que j’écris beaucoup.
Si je n’expose guère, c’est que je n’en fais pas commerce.
Et si le rouge ne me sied point, c’est que, jeune et enthousiaste, je piquais
beaucoup trop de fards, en particulier quand je me mélangeais les pinceaux…
Alors, lorsqu’un groupe de jeunes enthousiastes est venu me demander de peindre et d’exposer sur le thème du Rouge, je me suis dit : pourquoi pas tenter, une fois n’est plus coutume, de me mélanger les pinceaux ?

C’est mon petit topo d’intro du catalogue de l’expo « Rouge » à Langres et au Château de Barbirey en juillet.

Je n’ai pas toujours peu peint.

Mais, comme je l’explique dans « Palimpseste », peu de toiles survivaient.
Je peignais successivement jusqu’à 8 tableaux sur le même support, non que je sois totalement insatisfait des couches précédentes, mais, le trajet comptant déjà, pour moi, plus que les traces, il m’importait peu de me collectionner.
Voici pourtant quelques peintures qui se sont échappées de ce recyclage permanent
Elles ne sont pas nécessairement meilleures que celles qu’elles recouvrent, mais le propriétaire de la jolie maison du XXème arrondissement de Paris que j’habitais, passait parfois, inquiet de mes retards de paiement de loyer.
Fort avisé, il interrompait le parcours de mes « peintures omnibus » en me demandant le prix de celles qui lui plaisaient et en sortant son chéquier dans la foulée.
Étant donné mes dettes à son égard, cela avait l’air d’un troc, mais, dans notre esprit, il s’agissait d’un achat ordinaire, même si les sous lui reviendraient bientôt…

Voici la maison, à la dernière page du livre de Lionel Longueville ” … Si le quartier de la réunion m’était conté”.

or.jpg

Voici quelques années de loyers.

bbbb2.jpg

b1.jpg

bb3.jpg

La maison n’a pas bougé… Et grâce à elle, ces peintures non plus.
Pas plus que celle-ci, qu’il m’acheta quelques années après notre départ…
Je n’ai qu’une photo en noir et blanc…

b2.jpg

… Mais je garde les couleurs de la rue des orteaux dans ma tête…

or2.jpg

4 juin 2006

Courrier des 5 lecteurs

Classé dans : intimité, science — wolivié @ 9:05

Coup de fatigue, réservoir vide, itinéraire à revoir…
On connaît les raisons de faire halte sur autoroute.
Dans un blog, c’est pareil.
Il s’agit parfois de faire le plein.
Pour ce, faire le vide est nécessaire, afin d’y voir plus clair.

J’ai pris la route le 17 avril, avec « mur du son » dont le contenu indiquait ma vitesse de croisière prévue.

Mais, comme le dit Christian Magnan, du collège de France,
« Un récepteur (c’est vous) reçoit le rayonnement émis par une source (c’est moi). Lorsque le récepteur et la source se déplacent l’un par rapport à l’autre, la longueur d’onde à la réception diffère de la longueur d’onde à l’émission (c’est le drame). »

dop.jpg
Précisons, pour les non-scientifiques, que cette phrase annotée et le croquis qui la symbolise expliquent le phénomème sonore qui accompagne le passage d’une auto ou d’un avion lorsqu’on est assis pour écouter les oiseaux.
Le bruit de leur moteur, pourtant constant, semble sortir de nulle part, s’amplifier, nous abrutir littéralement… avant de s’éteindre pour aller vers pas grand chose, à savoir :
laisser les piafs finir leur phrase en s’écrasant.
(voir commentaire de Bertrand)
Et hop !
La page sur l’effet Doppler réclamée par Nicolas est donc ici présente, d’autant que le meilleur endroit pour en profiter, c’est bien une aire de repos sur un carnet de voyage.
Repos.
La route est calme aujourd’hui.
hp35.jpg

Le ratage de siècle, remarqué justement par Amazone, dû aussi à l’effet Doppler du temps qui passe, sera rattrapé au vol, pour peu que le dessin ci-dessous puisse expliquer mon erreur d’appréciation.
27.jpg
Qu’elle me pardonne…
Mais comme le dirait Bertrand D, en cette saison, le gazon pousse si vite qu’on n’a pas toujours le temps de glander 142 heures.

D’ailleurs, la récupération des poubelles 1 et 2 que Juja réclamait est en cours, mais le tri est difficile…
128.jpg

Pour Cendre, je trouverai bien des pages de garde pour retarder la couverture de fin.

Répondre d’un coup à tous les commentaires, me permet de repartir le cœur léger, d’ailleurs, Xavier m’a donné envie de communiquer mon adresse à 5 lecteurs supplémentaires, ce qui fera pourquoi pas 12 au moins, si on tient compte de ceux qui, comme lui et Amazone m’ont déniché presque tout seul.

J’ai trouvé le moyen pour que la longueur d’onde à la réception se rapproche de la longueur d’onde à l’émission.
36.jpg

Qui m’aime me suive.

25 mai 2006

Denis la menace

Classé dans : peinture, intimité, semaine sainte — wolivié @ 18:24

À moins d’être convaincu de perversité, Maurice Denis, peintre français mort en 1943, était sûrement bien loin d’imaginer qu’en 1960, un gamin de treize ans, puisse ressentir, en l’église Ste Marguerite du Vésinet, autre chose que ce pourquoi on lui avait passé commande de fresques et de vitraux…

Et surtout, petit maître s’il en fut, ce théoricien des « nabis » ne pouvait soupçonner l’ampleur de son influence.

Grâce à lui, je fus fort précoce dans la découverte du vide :
Le voilà.
denis.jpg

On ne reste pas impunément posé là-dessous, tous les précieux dimanches de l’enfance sans se venger.

Le créateur de ce vitrail m’a fait comprendre (absorber) à doses répétées, ponctuelles, tout ce qu’il y a de vain dans une église.
Je ne suis pas sûr que ce n’était pas son but : n’a-t-il pas écrit :

« Se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. »

Privé d’ailes, agenouillé au-dessous, je n’avais pourtant, comme mes congénères, que l’envie de rejoindre le ciel… Mais en traversant les verres de couleur.
Me voilà.
119.jpg

De l’extérieur, j’aurais pu, bien entendu, péter les vitraux en jetant un caillou pour me faciliter la tâche…
Mais,
1, la préméditation n’est pas mon fort.
2, un vitrail, vu de dehors, n’est qu’une tache sombre, souvent couverte de poussière, qu’on a pas envie d’exploser.
3, par le trou, ils auraient pu tous s’enfuir et se répandre dans la ville.

S’évader seul est un bonheur.

« Page précédentePage suivante »

Propulsé par WordPress