Les feuilles d’Olivier

17 mai 2008

bonus avant congé

Classé dans : intimité — wolivié @ 17:48

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Si Juliette et Lucie composent et chantent « leur papa », ce n’est pas tant par la proximité, mais disent-elles, par le choix du propos… Il faut dire que maintenant, je me fais porteur autant de leurs idées et de leurs désirs que des miens et que j’aime bien ce côté « commande », qui a le mérite de réveiller et de secouer mon « inspiration ».
Si je mets des guillemets et des parenthèses un peu partout, c’est que mon histoire d’artiste en est bourrée. Peintre et dessinateur entre parenthèses, auteur de Bédé entre guillemets, auteur de théâtre entre les deux, de chroniques, de poèmes et de livres illustrés en supplément, j’ai passé une quarantaine d’années à vivre de tout cela, de rien d’autre, en me gardant bien de choisir une case… Je l’aurais vécue comme la case prison.
Tant qu’à y passer trois tours, j’ai préféré un cloche-pied sur une Marelle.
Je me suis réservé le moment de sauter à pieds joints sur le « Ciel ». (Sachant que l’arthrose est en embuscade, j’ai intérêt à me grouiller à lancer mon caillou, je sais)

On me considère, dans tous les domaines que j’ai abordés, au mieux comme un Franc-tireur, au pire comme un Fugitif. Un peu des deux sûrement, puisqu’il faut bien que je constate que je n’ai jamais mis les pieds ni au bon endroit, ni au bon moment. En tout cas, pas les deux à la fois.
Un exemple.
Le plus marrant (le moins drôle), c’est que du coup, les dessinateurs admirent mes chansons et mes pièces, tandis que les chanteurs se demandent pourquoi je ne fais pas…rien que du dessin !
Des deux éliminations, j’ai fait ici un cumul : contenter les « poètes » avec mes graffitis et les « graphistes » avec mes bouts rimés !
(J’aurais, c’est sûr, préféré l’inverse, mais ça mange pas d’pain, surtout si on considère que, de toute façon, c’est la musique qui fait la chanson…)

Bref. Comme dans un petit racket de sortie de collège, je n’ai pris dans les codes de chacun de ces genres, que ce qui m’arrange.
C’est cela qui dérange.
Ce qui dérange dans mon racket, c’est que je ne pique pas le blouson, mais juste le ticket pour le match dans la poche intérieure.

Du coup je ne fais pas partie de la bande.
D’aucune bande.
Je vais au stade tout seul.

21 octobre 2007

Ô pages volantes, froissées, pages d’automnes…

Classé dans : peinture, intimité — wolivié @ 9:57

Comme on est déjà le 21, il faut bien que ma feuille du 12 octobre s’enfonce ci-dessous et s’entasse dans la colonne “archives”, à votre droite… Les feuilles mortes, ça fait l’humus…
C’est la loi du bloblo.
En voici donc un tout nouvo tout bo.
Il n’efface pas ma colère, il la date. Une colère datée s’appelle une rancœur…
Dommage, je la trouvais jolie, ma colère, pimpante, surtout pendant les huit jours où elle s’affichait par la surprise, d’un juste Clic.
Bientôt, il faudra farfouiller pour la relire… Le nom des ministres et des présidents à peine cités sera même oublié. Fantoches qui n’ont mérité cette place éphémère, ici, que pour ornementer mes fanfaronnades.
Stop.

En 1969, j’avais entendu, de Picasso je crois, qu’il peignait pour accrocher à ses murs les toiles qu’il ne pouvait s’offrir. Ainsi commençait ma période « roi du dessus du buffet ».

Tiens.. et si je m’en faisais une petite bleue camaïeu pleine de voiliers ou de funambules ?

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Tiens… une grande maternité-famille-nombreuse toute douce dans les ocres brûlés.

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C’est ma petite sœur qui m’a gentiment envoyé ces clichés, mes p’tits cadeaux, ses picassos à elle…

Aujourd’hui, au cœur de ma période « roi du désert mural » j’aimerais bien…

…accrocher à mes murs des toiles… que je ne sais pas peindre !

Tiens… en gras, ça fait colère…

13 juillet 2007

fermons les persiennes.

Classé dans : peinture, intimité — wolivié @ 23:46

la soirée a été longue.

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Une grande solitude habite ce personnage, non ?
Un grand secret en tous cas.
Heureusement il est fatigué. Le sommeil pourra-t-il le réparer un ‘ti peu ?

(Peint et vendu en 1990, je ne peux plus l’offrir à mes enfants)

7 juin 2007

Remarque

Classé dans : intimité — wolivié @ 12:46

Vous avez peut-être remarqué que ces feuilles me pèsent…

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Comme mon roman “quatrien”, qui commence ainsi :

Mon ami le psychanalyste aurait le bon goût de ne pas commenter la disparition de mes lunettes ni les mètres de flou qui, m’éloignant soudain de toutes les précisions, allaient me permettre enfin d’écraser quelqu’un sur l’autoroute, ou au sortir d’une clairière.
Quelqu’un que je ne pourrais voir qu’au dernier instant, quelqu’un d’égaré, silhouette sombre aux contours délavés par la brume, abandonné sur la bande d’arrêt d’urgence, inerte, au pied d’un téléphone en panne, ou sous des sapins noirs.
Quelqu’un ou quelque chose de mou.

Quelqu’un ou quelque chose de déjà mort qui m’éviterait d’être l’assassin idéal, d’aussi ratatiné qu’aucune police ne saurait l’identifier. Quelqu’un ou quelque chose que je prendrais dans mes bras sans me soucier des dégoulinures, à qui je parlerais de beaucoup de mes excuses en insistant sur la perte de mes lunettes que mon ami le psychanalyste refusait de commenter.

Quelqu’un ou quelque chose qui n’entendrait rien de mes mensonges et qui se refroidirait en se répandant. Quelqu’un ou quelque chose qui aurait totalement disparu à l’instant où mon fils me tendrait mes lunettes, quelqu’un ou quelque chose dont je ne pourrais lui parler afin de le mettre en garde. Quelqu’un ou quelque chose, enfin, qui se perdrait à jamais dans un trou de ma mémoire.
Je regarderais alors l’avant de l’auto et je chercherais l’éraflure de l’aile. Je la verrais large et profonde et mon fils dirait “ce n’est pas grave, papa.”

Nous répartirions chez sa mère. Je roulerais très vite pour risquer de ne pouvoir freiner à temps, pour heurter très fort le battant du portail rouillé, pour briser le phare et le clignotant, pour déchirer la tôle, largement, au-delà de la blessure précédente, pour l’effacer, pour n’en parler plus.

J’en suis à la page 150…
ça promet …

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