Les feuilles d’Olivier (archive du blog)

22 mai 2007

Petit chagrin domestique

Classé dans : réédition, nostalgies — wolivié @ 21:27

Oublions les gros chagrins qui nous ont habités ces dernières semaines.
Je me demande même pourquoi j’ai tant soit peu investi le territoire électoral…
La résistance est toujours ailleurs, à côté, comme elles : derrière la fenêtre.

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Ainsi paressaient ces bricoles, que l’an dernier, je façonnais à temps perdu, avec je suppose, le secret espoir d’engager une conversation…
Je leur avais donné des petits noms… Annabel et Marceline pour ces deux là.

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Et puis Liselotte, la p’tite dernière, sauvage…

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elle semblait toujours tenter de s’échapper.
Je lui souhaitais de réussir.

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Avant de la laisser partir, j’avais vérifié qu’elle correspondait, comme les figurines Mokarex, à tous mes rêves d’enfants…

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L’amour de la miniature est banal chez les petits garçons, jusque dans leurs moindres détails, disais-je alors.


Et bien figurez-vous que ces statuettes d’argiles, je les ai mises au four.
Liselotte a explosé, comme Annabel et les autres.
Seule Marceline est rescapée. Je l’ai offerte au lieu de la cuire.

L’art doit être généreux.
… Sinon, qu’il accepte d’être éphémère, au moins.

6 septembre 2006

Photoshop clic clic

Classé dans : nostalgies — wolivié @ 9:56

Le charme de la carte à gratter où il aimait dessiner en négatif, en effleurant sa surface douce et mate, avec le risque d’en érafler trop, autant que celui de la fragile pellicule de Letraset, toujours au bord d’une infime craquelure, tout, sur la table du dessinateur, comportait un enjeu.
Hésitation… Choix… Implication…

Tricher n’était pas une mince affaire.

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Grâce à Photoshop clic clic il double aujourd’hui instantanément ses alternatives.
Mais qu’est-ce qu’il s’emmerde.

Plus d’hésitation… Zéro choix… Aucune implication

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On dirait même qu’il vote.

17 juillet 2006

Anna hors contexte

Classé dans : nostalgies — wolivié @ 8:32

J’engageais mon caddie à la caisse.

En province tout le monde s’est, un jour ou l’autre, croisé, parlé,
au moins aperçu et, bien sûr, nombreux sont les sourires et les politesses d’usage.

Tiens, mon garagiste… Tiens, la nièce de Paul… Peu de visages inconnus.

Mais !? Qui c’est ?

Dans la queue, une jeune femme me sourit que je connais bien… Mais qui c’est ?

Ce visage est si familier.
S’est-elle coupé ou frisé les cheveux ? Teinte ?
Ce visage est si familier.
Je fais défiler dans ma tête toutes les barmaids, les vendeuses, les secrétaires de mairie de Langres, les mamans d’élèves de mes cours du mercredi.
Elle me sourit encore. Elle me connaît trop bien.

Moi aussi, mais qui ?
Ce visage est si familier.
Je l’habille de blouse blanche, comme on fait dans ces cas-là,
pour reconstituer une pharmacienne, une infirmière. Une radiologue
Je lui essaie même un uniforme d’hôtesse…

De quoi que je l’habille, elle ne se ressemble pas.
Et pour cause !!
Bien sûr que je la connais par cœur !

J’ai chargé les courses dans l’auto.

Il y a cinq ans, elle était modèle à mon cours de nu du vendredi soir.
Je l’ai dessinée nue pendant deux ans, deux heures par semaine…

Ce visage est si familier.

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Il suffisait de lui mettre l’uniforme qu’elle portait chaque soir.

20 juin 2006

Bon d’achats

Classé dans : peinture, nostalgies, intimité — wolivié @ 10:24

« Je peins peu. Je n’expose guère et le rouge ne me sied point.
Si je peins peu, c’est que j’écris beaucoup.
Si je n’expose guère, c’est que je n’en fais pas commerce.
Et si le rouge ne me sied point, c’est que, jeune et enthousiaste, je piquais
beaucoup trop de fards, en particulier quand je me mélangeais les pinceaux…
Alors, lorsqu’un groupe de jeunes enthousiastes est venu me demander de peindre et d’exposer sur le thème du Rouge, je me suis dit : pourquoi pas tenter, une fois n’est plus coutume, de me mélanger les pinceaux ?

C’est mon petit topo d’intro du catalogue de l’expo « Rouge » à Langres et au Château de Barbirey en juillet.

Je n’ai pas toujours peu peint.

Mais, comme je l’explique dans « Palimpseste », peu de toiles survivaient.
Je peignais successivement jusqu’à 8 tableaux sur le même support, non que je sois totalement insatisfait des couches précédentes, mais, le trajet comptant déjà, pour moi, plus que les traces, il m’importait peu de me collectionner.
Voici pourtant quelques peintures qui se sont échappées de ce recyclage permanent
Elles ne sont pas nécessairement meilleures que celles qu’elles recouvrent, mais le propriétaire de la jolie maison du XXème arrondissement de Paris que j’habitais, passait parfois, inquiet de mes retards de paiement de loyer.
Fort avisé, il interrompait le parcours de mes « peintures omnibus » en me demandant le prix de celles qui lui plaisaient et en sortant son chéquier dans la foulée.
Étant donné mes dettes à son égard, cela avait l’air d’un troc, mais, dans notre esprit, il s’agissait d’un achat ordinaire, même si les sous lui reviendraient bientôt…

Voici la maison, à la dernière page du livre de Lionel Longueville ” … Si le quartier de la réunion m’était conté”.

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Voici quelques années de loyers.

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La maison n’a pas bougé… Et grâce à elle, ces peintures non plus.
Pas plus que celle-ci, qu’il m’acheta quelques années après notre départ…
Je n’ai qu’une photo en noir et blanc…

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… Mais je garde les couleurs de la rue des orteaux dans ma tête…

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