Les feuilles d’Olivier

15 décembre 2007

Page sans images ?

Classé dans : silences — wolivié @ 10:10

Voici une de mes chroniques publiée le 21 novembre 2000 dans le Journal de la Haute-Marne…

La finale des Dicos de zinc

À la finale des Dicos de zinc, la dictée était délicate, car il fallait connaître quelques mots usuels en Beauf parler, langue très répandue, mais non officielle.

Le Beauf parler, ou Beauf tout court, est une langue en effet très en vogue dans de nombreux pays. Elle a l’avantage d’être universelle et, avec des nuances, de permettre à des idées simples de traverser les frontières, d’acheter du caoutchouc à pneu dans des pays sans voitures, des composants d’ordinateurs dans des pays sans électricité et de déposer l’argent gagné là-bas dans des pays sans scrupule.

Le Beauf se parle surtout dans les buvettes de stade de foot, chez le coiffeur, dans les garages, au comptoir de zinc des troquets et, dans les familles, pendant les pubs à la fin des infos.

Le Beauf permet, par exemple, de ne pas faire l’Europe, de rétablir la peine de mort, de rendre très florissantes les industries d’armement et d’expliquer que les bonnes femmes sont mieux à la cuisine qu’au boulot.

Les mots clefs du Beauf sont :

Ritals, Espingouins, Polaks, Russkofs, Yougos, Bougnoules, Négros, Viets, Chinetoques, Boches et Rosbifs.

Les Ritals se bourrent de pizzas et matent les nanas avant d’en faire des Mamas.

Les Espingouins s’enfilent des tapas à la corrida et des castagnettes au flamenco avant d’aller à confesse.

Les Polaks et les Russkofs descendent vodka sur vodka et juste après, une vodka pour faire passer. Les Yougos préfèrent s’envoyer des pétards, et, juste après, l’ONU pour faire passer.

Les Bougnoules élèvent des moutons dans les ascenseurs, ce qui leur permet d’élever leurs enfants dans les fourgons de CRS.

Les Négros boufferaient bien ma soeur, tous nus avec leurs dents toutes blanches.

Les Viets, congs, en tongs, tapent sur des gongs en attendant leur réincarnation en hamburgers.

Les Chinetoques dévorent les caniches après les avoir noyés dans des rizières.

Les Boches carburent à la saucisse et à la bière dans des bunkers avant, pendant et après les guerres.

Les Rosbifs trempent leurs moustaches rouquines dans le thé à cinq heures, l’essuient sur leur Manche en attendant les obsèques de la Reine-Mère pour faire de l’humour.

C’est un Franchouillard qui donne ces définitions, bien sûr.

Il y a trois sortes de Franchouillards : le Péquenot de campagne, en voie d’extinction, le Banlieusard de cité, qui se multiplie en se colorant et le Parigot tête de veau qui vide les campagnes et colore les banlieues. La rengaine préférée de tout Franchouillard qui se respecte est : « J’suis pas raciste mais faudrait pas oublier les Amerloques ».

Les Amerloques ont inventé la Démocratie-Cholestérol en évinçant Donald pour élire Mickey ou réciproquement et nous exportent la bouffe Dumbo en attendant que leur système politique Rambo soit tout à fait au point.

Fin de la dictée. Zéro fôtes.

On y voit bien tout de même que la notion d’image reste à définir…

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