Parce que je ne suis pas certain d’avoir envie, dans ces pages, de raconter ma vie, j’ai longtemps hésité à vous coller ma première huile sur toile, vendue en 1963 à une jeune américaine, notre voisine au Vésinet.
Son père, colonel au SHAPE rembarqua toute sa famille et mon tableau quand De Gaulle vira les amerloques.
J’étais fier de cet achat en petit dollars, quoique je pensais que la fifille l’avait acheté
autant pour le joli petit peintre que par amour de l’art.
D’eux, il ne me reste que l’odeur de beurre de cacahuète dans la cuisine.
Je ne me rappelle même plus du nom de ma mécène de 18 ans et il en serait de même pour la toile si je n’avais pas pris cette photo.
Je me connais : j’avais posé devant ma première sculpture, sûrement pour cacher l’aisselle que j’avais ratée.

Immobilisé par un petit traumatisme crânien, j’avais acheté trois tubes de marron et un de Blanc de zinc.
Putain d’odeur géniale !
(…)
Trente ans plus tard, j’ai fait quelques acryliques. Des grands formats, très vite parce que ça sentait pas bon.

( Je n’ai pas mis de sculpture devant l’aisselle car je la trouve pas mal )
(…)
Il y a quatre jour, zonant devant mon ordi, j’ai bricolé un mime Marceau…

J’ai retiré la page parce qu’elle ne sentait rien du tout.
Quoique membre actif de la brigade de l’art et du cochon, j’ai toujours trouvé un strapontin pour voir le spectacle quand même.
Ainsi, entre Bu bu et Rouault, y-avait de la place.

je me suis posé et j’ai réfléchi…

Ma réflexion (huile sur toile 1967)
Plus tard, entre gna gna et de Staêl, je voulais pas qu’on pique mon parasol.

Je me suis carrément fâché

et toc (huile sur toile 1995)
Il serait temps que je réserve ma place.
bonus et essplication
Sur les genoux de Papy, les leçons de grammaire de M. Dussouchet avaient le mérite de
la naîveté et je pensais qu’il n’y aurait pas de suite plus fâcheuse.

Elle existe pourtant, mais je n’ai guère envie de commenter le texte qui suit, découvert
grâce à Hervé Le Crosnier. Je me vois mal le lire à mes petits-enfants. J’aurais honte.

Je préfère leur offrir ce troisième extrait qui a le mérite d’une écriture plus attentive, plus poétique et surtout plus bras d’honneur.

(traduire cette page)
“Leurs veines étaient bleues, leur sang était rouge et leurs larmes avaient un goût salé.”
Alain Korkos
Comme le veut l’achronologie de la toile, dans Double face 2, le 5 août, je vous racontais combien j’avais fourré mon nez dans la misère telle qu’on l’imagine, en N&B… (grillant justement au passage, de 24 heures, héhé, une fois n’est pas coutume, la politesse à Mr Ka)…



Je tiens, en couleur donc, ma promesse d’incursion dans la misère des princes…



Méfiez-vous de la couleur de leurs costumes, leurs veines sont grises, leur sang est
pâle et leurs larmes archi-sèches.