Petit chagrin domestique
Oublions les gros chagrins qui nous ont habités ces dernières semaines.
Je me demande même pourquoi j’ai tant soit peu investi le territoire électoral…
La résistance est toujours ailleurs, à côté, comme elles : derrière la fenêtre.

Ainsi paressaient ces bricoles, que l’an dernier, je façonnais à temps perdu, avec je suppose, le secret espoir d’engager une conversation…
Je leur avais donné des petits noms… Annabel et Marceline pour ces deux là.

Et puis Liselotte, la p’tite dernière, sauvage…

elle semblait toujours tenter de s’échapper.
Je lui souhaitais de réussir.

Avant de la laisser partir, j’avais vérifié qu’elle correspondait, comme les figurines Mokarex, à tous mes rêves d’enfants…

L’amour de la miniature est banal chez les petits garçons, jusque dans leurs moindres détails, disais-je alors.
…
Et bien figurez-vous que ces statuettes d’argiles, je les ai mises au four.
Liselotte a explosé, comme Annabel et les autres.
Seule Marceline est rescapée. Je l’ai offerte au lieu de la cuire.
L’art doit être généreux.
… Sinon, qu’il accepte d’être éphémère, au moins.