Je sais.
J’écris trop court.
Trop dense.
Surtout si je parle de be-bop.
Ce qui n’est toutefois pas le cas.

J’aime viser juste, garder les contorsions pour moi.
Ainsi, avant-hier, juste au-dessous, le jour anniversaire des soixante ans de Georges Bush et de Sylvester Stallone, j’ai fait court.
Je ne me suis pas cité. J’ai laissé deviner ma date de naissance.
Un titre : Le temps passe.
Et, au passage, une image, déjà passée, « désuétude et sagesse »…
Juste un de ces autoportraits hasardeux.
Je l’ai choisi un peu conquérant.
J’aurais pu celui-ci.

Plus posé
Ou celui-là

Plus ressemblant.
Zut j’en ai encore trop dit.
Il faudra que j’élague.

extrait de “Règlement de contes” 1984
Mon admiration pour Paul Cuvelier est grande.
Et ma reconnaissance.
Corentin et, plus tard, Epoxy m’ont conduit à la BD, genre que j’ai exploré et cru aimer durant 15 ans.
Cuvelier révait d’être peintre. Il aurait dû se barrer plus tôt.
Moi, je l’ai quitté avant d’avoir trop bobo.
Peut-être en regardant aussi ses peintures. Sa dernière Leçon.

…
J’ai donc fait dix albums.
Tandis que se développaient habileté, gestion de trucs et conventions, qui définissent le travail de l’artisan, je perdais bien évidemment cette soumission indispensable à la maladresse qui définit l’artiste.
En effet, sitôt qu’il entre dans quelque maîtrise que ce soit, l’artiste se retrouve en marge de son projet. Il se doit de caresser l’échec pour que le visiteur ne puisse dire en passant au tableau suivant :
Ah ouais, vachement chouette celui-là !
La pire des insultes à cette dose de douleur que, sans en abuser, il doit biberonner en permanence.
Il m’a fallu réapprendre à dessiner aussi « mal » que je pouvais : Retrouver ce sentiment de vrai régal à disparaître derrière ce que mon sujet décide, lui, d’imposer.
Toute virtuosité que je lui assènerais serait arbitraire condamnation et lui ferait perdre cette autonomie que je voudrais qu’il s’approprie.
Mes toiles en abusent souvent. Elles s’offrent trop de libertés. On ne m’y identifie plus comme « leur » peintre. Elles me virent.
Mon seul courage est d’en peindre encore en espérant qu’une d’elle, un jour, m’autorisera à m’y reconnaître, en choisissant de ressembler à sa voisine…

appart. 222

appart.333
Après s’être installées dans le même immeuble, elles ont déménagé sur le même palier.
Encore un effort.
On l’a vu, celles de Cuvelier sont bien co-locataires…
INTELLLIGENCE peut s’écrire avec un minimun de trois L.
L’intellligence est nécessairement induite par la paressse.
Celle qui traînassse en sssifflotant.
L’intelligence permet de ne pas peindre quatre tableaux et oblige à celui-ci.

Bien sûr, l’intellligent, c’est le cinquième, celui qui en résulte et que vous venez de frôler, car, las à l’avance de peaufiner chacun des quatre, l’artiste nous offre le cumul d’un coup, panoramique résumé de l’autoportrait pas trop posé…
et surtout…
Surtout !
L’intellligence va lui permettre de pouvoir accuser le miroir d’avoir bougé.
Lattéralement, comme ci-dessus…
Mais aussi verticalement:

Ou, au pire, tordu.

L’intellligence n’est peut-être qu’une perversité.
Elle s’en tire bien. Les miroirs seront condamnés.
Et l’ortthographe, bien entendu, pour complicité.
À perpette, pour entourloupe.