Compost
Comme on le devine au fil de ces pages, je suis un fanatique du pas-grand-chose
Mais le pas-grand-chose prend souvent l’aspect du rien-du-tout…
Prenons Poubelle 1

Elle est bien vide.
Voyons poubelle 2
À sa façon aussi, elle est bien vide aussi.
En manque total d’inspiration, n’ayant rien à dire à propos de Poubelle 1, j’y ai jeté les feuilles que, désespéré, j’avais laissées vierges.
On est bien là dans le domaine du rien-du-tout, et si l’on veut, du double rien-du-tout.
Cela ne devrait même pas être publié.
C’est d’ailleurs ce que j’explique dans Poubelle 3 et 4 que je vais écrire… il y a un mois déjà.
Pour retrouver le monde du pas-grand-chose, que j’affectionne, il me faut retourner en 1969…
Je travaillais à Air France, à la réservation Boulevard Blanqui à Paris. Nous avions, les quarante voleuses et moi (j’étais, si je me souviens, une sorte d’Ali Baba, le premier garçon du service), un casque sur les oreilles et (avant l’arrivée de l’ordinateur) des petites fiches de bristol rectangulaires dont on pouvait séparer une languette prédécoupée. Elles servaient à inscrire les résas.
Voilà à peu près réconstituée, Poubelle 1969.

C’est de là que j’ai réalisé ces choses…



Joli non ?
Il m’en reste une dizaine.
Du bout de mes doigts, je roulais, je pliais, j’encochais en quinconce les bandelettes. Comme ça.

Le soir, je collais artistiquement les formes rigides façonnées dans l’ennui de mes 8 heures de réponses automatiques…
Tandis que mes bandelettes de papier immaculé enfermaient du vide, des places réservées traversaient les nuages…
L’art n’a guère besoin de chair, les épluchures suffisent.









