Les feuilles d’Olivier

28 mai 2006

Liselotte au scanner

Classé dans : S'assoir où j'aimais, nostalgies — wolivié @ 10:29

L’amour de la miniature est banal chez les petits garçons. Jusque dans leurs moindres détails, ils les observent, les placent, les déplacent, les bruitent et les caressent.
Un pacte de reconnaissance réciproque s’établit, secrète échappée…

S’ils ne sont pas guéris à 15 ans, ils risquent de devenir dessinateurs de bandes dessinées, ce qui m’est arrivé.

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Ce fut d’ailleurs, pour finir par raconter, dans
la Balade de Dario
, comment, adulte, on peut se perdre dans une connivence qu’il m’amuse encore aujourd’hui de frôler.

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Ainsi ces bricoles, que depuis quelques semaines, je façonne à temps perdu, avec je suppose, le secret espoir d’engager une conversation…
Je leur donne ici un nom, si possible façon rêve de môme .
Pourquoi pas Annabel et Marceline pour ces deux-là… pour me faire pardonner de m’en être moqué dans “Palimpseste” !

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Quant à Liselotte, la p’tite dernière, sauvage,

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elle s’apprête, semble-t-il à tenter de s’échapper.
Je lui souhaite de réussir.

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Avant de la laisser partir, j’ai vérifié qu’elle correspondait, comme les figurines Mokarex, à tous mes rêves d’enfants…

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L’amour de la miniature est banal chez les petits garçons. Jusque dans leurs moindres détails…

25 mai 2006

Denis la menace

Classé dans : peinture, intimité, semaine sainte — wolivié @ 18:24

À moins d’être convaincu de perversité, Maurice Denis, peintre français mort en 1943, était sûrement bien loin d’imaginer qu’en 1960, un gamin de treize ans, puisse ressentir, en l’église Ste Marguerite du Vésinet, autre chose que ce pourquoi on lui avait passé commande de fresques et de vitraux…

Et surtout, petit maître s’il en fut, ce théoricien des « nabis » ne pouvait soupçonner l’ampleur de son influence.

Grâce à lui, je fus fort précoce dans la découverte du vide :
Le voilà.
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On ne reste pas impunément posé là-dessous, tous les précieux dimanches de l’enfance sans se venger.

Le créateur de ce vitrail m’a fait comprendre (absorber) à doses répétées, ponctuelles, tout ce qu’il y a de vain dans une église.
Je ne suis pas sûr que ce n’était pas son but : n’a-t-il pas écrit :

« Se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. »

Privé d’ailes, agenouillé au-dessous, je n’avais pourtant, comme mes congénères, que l’envie de rejoindre le ciel… Mais en traversant les verres de couleur.
Me voilà.
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De l’extérieur, j’aurais pu, bien entendu, péter les vitraux en jetant un caillou pour me faciliter la tâche…
Mais,
1, la préméditation n’est pas mon fort.
2, un vitrail, vu de dehors, n’est qu’une tache sombre, souvent couverte de poussière, qu’on a pas envie d’exploser.
3, par le trou, ils auraient pu tous s’enfuir et se répandre dans la ville.

S’évader seul est un bonheur.

20 mai 2006

Poubelle 3

Classé dans : neuronale — wolivié @ 9:49

Vous avez, bien sûr, raté Poubelle 2 et surtout Poubelle 1.

Je les ai jetés à la poubelle, je l’ai déjà dit, très logiquement dans la page qui suit (puisqu’elle a été écrite avant), Poubelle 4.

Poubelle 3 sert donc à déjouer le piège en se plaçant au bon endroit pour dire pourquoi cette saga en quatre épisode s’intitule poubelle (ce que Poubelle 4 ne dit pas clairement)…
Voici l’objet du délit.

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Regardez-la bien, ma poubelle.
Outre, les feuilles froissées, à l’intérieur, parmi lesquelles les brouillons de Poubelle 1 et 2, non utilisés, on remarque un précieux document, qui semble comme vouloir s’échapper…
Mais là… ?

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Ici, tout est rentré dans l’ordre et l’on pourrait penser que le document à été avalé, comme les autres…
Non.

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Il est là le précieux document : Il a pris toute ses fonctions dans cette affiche que j’ai concocté cette semaine.
Dévoré par une archiphage…
Je vous en montrerai d’autres, des archiphages.
Comme ce guerrier, mercenaire Sarkophage.

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Ces créatures ont été créées par le conservateur des Archives de l’Aube et moi-même pour l’exposition que vous découvrirez en juin.

Le bruissement des feuilles que je froisse suffit quelquefois aussi à me nourrir.

18 mai 2006

Poubelle 4

Classé dans : neuronale — wolivié @ 22:10

Vous avez, donc, raté “Poubelle 2″ et surtout “Poubelle 1″.
Je les ai jetés à la poubelle, car, en raison du sens de lecture d’un Blog, descendant, vous les auriez lus après celui-ci, ce qui leur aurait (ô combien)
ôté leur novatrice antériorité.

J’ai réservé “Poubelle 3″. Je l’écrirai plus tard afin de déjouer le piège en vous conduisant à le lire avant ( ce que vous venez probablement de faire).

J’aime les livres.

Tandis que le visuel rassemble, l’écrit isole.
Tandis que le visuel racole, l’écrit ressemble…

C’est celui qui le lit qui y est !

Le livre est ainsi l’objet de tous les délits.
Le délit de solitude semble le plus fréquent.
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Mais, comme l’entre-les-lignes est une zone de liberté non surveillée, y prospèrent, aussi, des péchés moins véniels, des délits d’intimité et de secret qui viennent aggraver la faute quand l’abus de solitude devient chronique, impunément.
Parmi ces délits…
Le rapt : Chaque lecteur y grappille des images au lieu de s’en trouver gaver.
L’égoïsme : Il se les garde au lieu de les afficher.
L’avidité : tandis que la pupille du voyeur s’écarte sous une paupière douce comme une couette, pour mieux s’y assoupir, celle du lecteur se taille en pointe, en vrille, pour s’enfiler plus vite et plus profond le long des lignes.

Plus vite ou plus doucement. C’est selon. Même le temps d’un livre appartient au lecteur, du moment où il le tripote, le hume sûrement, avant de l’écarter, jusqu’au moment où, repu, il mate déjà sa prochaine victime.
Une sorte de viol à répétition s’accomplit, quand un doigt fébrile glisse pour effeuiller, un par un, les dessous des pages suivantes.
Il s’insinue, avide jusqu’aux replis des reliures vierges.

Bravo.
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Bon. Mais le blog ?
Un blog n’a pas d’odeur. Et en plus, un sens de lecture qui place la page d’avant après !
Le visuel au service de la destruction de la chronologie !
Le début de l’histoire longtemps avant la fin !

Pour le visuel : No problémo
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L’envers passe.

Mais pour la lecture, c’est un peu con en arrière…

erèirra ne noc uep nu tse’c ,erutcel al ruoP.

Oui, l’écrit isole.

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