Les feuilles d’Olivier

17 avril 2006

Mur du son

Classé dans : science — wolivié @ 10:24

Jusque-là, ma vie, comme une onde, s’est propagée depuis la source à la façon des vagues créées par un caillou tombé dans l’eau.
Les ondes se sont éloignées de moi à vitesse constante, de façon concentrique.
Il en est ainsi de la propagation du son lorsque l’avion, immobile sur la piste, lance ses réacteurs.
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À la vitesse exacte du son, l’appareil se déplace en surfant sur les ondes qu’il a émises précédemment, il va aussi vite qu’elles.
S’il dépasse cette vitesse, on entend une forte détonation quand il passe près de nous, ou peu de temps après si l’on est plus loin de sa trajectoire.

Après ce Bang, le bruit des réacteurs nous parvient normalement.
Ouf.
Il est étonnant qu’on n’entende jamais le bruit des réacteurs des avions supersoniques avant le Bang, puisqu’ils en font.

Lorsqu’il n’y a pas de bruit, il y a accumulation, concentration.
On peut reproduire ce phénomène, avec un fouet par exemple… Son claquement est semblable à la manifestation du passage du mur du son pour son extrémité…

Pour moi, ce qui surtout, s’est ainsi propagé, c‘était mes instants d’hésitations… Sitôt émises, des ondes se cristallisaient.
Si je bousculais tant soit peu le dernier de ces instants, celui d’avant écrire ceci, tous les précédents seraient renversés à la façon de morceaux de sucre que j’aurais délicatement rangés à cet effet.

Un grand vacarme s’en suivrait que je n’entends pas déclencher sur le champ.
OlivierTaffin-009.jpg
Le bruissement de feuilles que je froisse pour cause de « peu de choses écrites dessus » peut me suffire.

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