Klee dans la fêlure
Les deux peintures qui suivent ont disparu très vite.


J’en ai étrangement gardé la trace, peut-être parce qu’elles faisaient partie des toutes premières (1964).
J’avais 18 ans et reçu un Brownie Flash pour mon anniv.

Avec une exemption de service militaire en prime, une mini fêlure de l’occipital m’avait retenu à la maison durant quelques longs mois et je m’étais mis à peindre.
J’étais impressionné par les œuvres de jeunesse de Paul Klee ( la femme et la bête, Persée, 1904) qui tombaient pile poil dans mon trip d’ado. Je l’ai suivi, modeste.


Ma spécialité, en peinture, a toujours été le repentir, et ces deux toiles furent recouvertes tant de fois que je ne sais plus sous lesquelles elles se trouvent…
Je n’avais pas pourtant la volonté de les faire disparaître, mais elles devaient être à portée de main et le magasin de fourniture, loin à vélo.
La vingtaine de toiles que j’ai conservées de l’époque en contiennent 5 à 6 fois plus. J’ai quelques traces qui me permettront d’en détailler une ou deux, un de ces 4.
Mais la principale raison de ce cumul, c’est que je déteste peindre sur un toile vierge et qu’ainsi, chaque peinture se nourrissait de la précédente, tant par ses formes que par sa matière.
Le vide ne me conduisant à rien, je le fabriquais derrière moi.
Je le regrette, mais « le bruissement de ce que je froisse doit me suffire. »
Consolation : Les deux toiles qui suivent, de la même époque, ont échappé au sabotage. Peut-être parce qu’elle peuvent encore s’accrocher au dessus d’une cheminée, ou dans un salon de coiffure… Faudra leur demander.


c’est des palimpsestes et j’aime beaucoup
Commentaire par Amazone — 14 mai 2006 @ 13:02